29 septembre 2015

Rapport de la Cour des comptes : "Le coût du lycée"

 

Dans la ligne de mire, les options au lycée. Extraits :

p. 39

Le coût des matières spécifiques

Les matières dites « spécifiques » regroupent des matières d’options ou présentes dans des cursus spécialisés des différentes séries. Elles sont l’apanage de la voie générale et technologique, surtout pour les options. L’organisation de l’enseignement des options peut se faire par regroupement des élèves provenant de plusieurs classes, voire de plusieurs filières. Les choix de matières optionnelles aboutissent cependant le plus souvent à un nombre réduit d’élèves face à l’enseignant, entraînant un surcoût par rapport aux matières du socle disciplinaire. S’agissant des cursus particuliers, qui ne sont pas présents dans tous les établissements, les matières enseignées sont dispensées également à un nombre réduit d’élèves.

[...]

Les principales matières dites spécifiques observées dans le groupe d’établissements sont les langues anciennes, latin et grec, les disciplines artistiques et les options de langue vivante 3 (LV3). Au niveau national, à la rentrée 2013, sur un effectif total de 466 601 élèves en terminale, l’enseignement de ces options était suivi par 20 251 élèves pour le latin, 4 412 pour le grec, 26 982 pour les LV3 et 38 260 pour les enseignements artistiques.

L’enseignement d’une matière dite « spécifique » dans les LEGT atteint un coût moyen de l’ordre de 1 000 € par an et par élève, soit près du double du coût des matières du socle dit « disciplinaire ».

p. 52

Aussi la carte des formations reste-t-elle largement pilotée par l’offre et ne s’adapte-t-elle que très lentement, même si plusieurs évolutions récentes doivent être notées.

 

Certaines académies ont ainsi fait le choix, comme les académies de Rennes ou de Toulouse, de ne plus prendre en compte les options facultatives dans la dotation aux établissements. Ceux-ci restent libres d’en proposer en dégageant des marges dans leur dotation globale, par regroupements de classes, ou renoncement à des dédoublements. En conséquence, une partie d’entre eux a revu à la baisse la carte des options facultatives.

p. 85

Recommandations


Pour faciliter d’éventuels redéploiements au sein du système éducatif entre degrés et cycles de formation, la Cour recommande de :

[...] 2. réduire la dispersion de l’offre de formation, notamment en matière d’options ;

[...] 4. définir des cibles de taille d’établissement optimale et en déduire un format plus restreint du réseau des lycées, en mobilisant notamment les possibilités offertes par les nouvelles technologies d’enseignement à distance.

 



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #755 il y a 1 an 8 mois
Un rapport qui sonne, de manière moins hypocrite, comme un enterrement des options... lors même que leur part dans le surcoût des lycées est relativement faible (24 600 élèves). Pas de préconisation en revanche sur les vraies causes du surcoût.
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #756 il y a 1 an 8 mois
Portrait de Minerve
Minerve a répondu au sujet : #757 il y a 1 an 8 mois
Merci Loys de nous avoir signalé cette nouvelle attaque ! Le simple fait, d'ailleurs, de mentionner les langues anciennes et les disciplines artistiques mais non le sport ou la LV3 témoigne d'une volonté de régler notre compte. C'était pourtant inutile : la réforme du collège allait, dans quelques années, supprimer la montée pédagogique des latinistes jusque-là disposés à affronter toutes les mesures dissuasives (concurrence avec d'autres disciplines, parfois enseignées à la même heure; horaires tardifs ou privation de déjeuner...).

Soyons logiques : je propose un enseignement beaucoup moins coûteux que le lycée (moins formateur aussi, mais en période de restriction budgétaire...), consistant à donner aux élèves un abonnement internet pour leur permettre de se former entièrement sur youtube, dans toutes les disciplines. Cela permettra de réaliser également des économies de locaux, de manuels scolaires...

Ou prenons le problème autrement et facilitons l'étude de ces enseignements optionnels, qui permettent d'approfondir la formation intellectuelle, ainsi les élèves concernés seront plus nombreux et le coût par élève sera réduit !

Les économies faites sur l'éducation sont des économies à court terme, l'impact financier (et humain, mais ce n'est pas le sujet) sur la société est bien plus durable et considérable.
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #761 il y a 1 an 8 mois
Dans "Libération" du 29/09/2015 : www.liberation.fr/politiques/2015/09/29/...te-tres-cher_1393267

La faute aux options ?

Pourquoi les dépenses pour les lycéens sont-elles plus importantes qu’ailleurs ? Raison écartée : la rémunération des enseignants, «relativement plus basse en France», et qui donc, au contraire, «contribue à réduire les écarts de coût global».

L’écart tient essentiellement au nombre d’élèves devant chaque enseignant. Notamment pendant les heures de cours optionnelles qui n’attirent souvent qu’un petit nombre d’élèves, comme les langues anciennes (latin et grec). Si l’on s’en tient à l’argument comptable, les enseignements facultatifs coûtent entre 1 000 et 3 000 euros de l’heure en moyenne, contre entre 400 et 600 euros pour les matières du socle disciplinaire. «Parmi les séries générales, la série L est plus chère que les séries S et ES (+ 22% par rapport à cette dernière), car un grand choix d’enseignements de spécialité réduit le nombre d’élèves par enseignant.»

Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #762 il y a 1 an 8 mois

L’écart tient essentiellement au nombre d’élèves devant chaque enseignant. Notamment pendant les heures de cours optionnelles qui n’attirent souvent qu’un petit nombre d’élèves, comme les langues anciennes (latin et grec).

0,5% du surcoût, tout au plus...

Si l’on s’en tient à l’argument comptable, les enseignements facultatifs coûtent entre 1 000 et 3 000 euros de l’heure en moyenne, contre entre 400 et 600 euros pour les matières du socle disciplinaire.

NON : 1030€ en moyenne, selon la Cour des comptes. Et il s'agit de l'heure annuelle par élève.

Clé utilisateur/ secrète de la configuration non valide
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #763 il y a 1 an 8 mois
Dans "Le Point" du 29/09/15 : www.lepoint.fr/societe/les-lyceens-franc...-2015-1969051_23.php

Moins d'options

Si le lycéen coûte si cher en France, c'est donc surtout parce qu'il a beaucoup d'heures de cours, et un vaste choix d'options. Paradoxalement, les heures de matière optionnelle ou facultative coûtent en effet plus cher que les disciplines du socle commun : le coût par élève pour quatre matières à option, comme les langues anciennes et les disciplines artistiques, revient à 1 030 euros, alors que le coût moyen par élève et par an de huit matières obligatoire est de 504 euros. Quant aux 58 langues vivantes que les lycéens peuvent passer à l'examen du baccalauréat, 20 sont choisies par moins de 50 élèves, mobilisant ainsi un enseignant pour quelques élèves seulement.

Difficile de penser que ces 50 élèves, même s'ils coûtent cher, sont l'explication des dix milliards de surcoût...