12 mai 2015

Un collectif de parents et d'enseignants dans "L'Express" : "Réforme des langues au collège: "Quatre mensonges et un enterrement""

Extrait :

Un enterrement: le latin et le grec

En plus de l'allemand, du russe, de l'italien, le latin et le grec sont dans le collimateur. Malgré le rideau de fumée lancé par les différentes communications du ministère, il est certain que l'enseignement des langues anciennes sera laissé à la bonne volonté des chefs d'établissement, et soumis aux contraintes des uns et des autres. Pour exemple, les EPI "latin" seront pris sur les quotas horaires des autres disciplines, "l'enseignement complémentaire" sera pris sur les heures de soutien aux élèves en difficulté et l'enseignement du latin prévu en cours de français, ce qui existe déjà, ne donne lieu à aucune dotation horaire supplémentaire. Quant au suivi, à l'approfondissement, à une véritable progression, ce n'est même plus la peine d'en parler. Nous entrons dans le royaume du saupoudrage, de l'oubli et de la discipline-gadget. 

L'intérêt général, dont se réclame les promoteurs de la réforme, ne commande pas de casser ce qui marche pour imposer par décret des recettes inadaptées. Dans l'intérêt général, il faut que s'ouvre le dialogue et que les choses puissent évoluer sans que le le travail réalisé ne soit anéanti. Les échanges, les voyages, les classes bilangues et européennes doivent vivre. Les élèves intéressés par le latin et le grec doivent pouvoir s'y consacrer sérieusement. Ceux qui préfèrent le sport ou les sciences doivent pouvoir choisir d'autres parcours. Ce n'est qu'à ce prix que le collège public retrouvera son efficacité et son talent.